Renforcer la performance globale des organisations | Rencontre avec Christophe GUICHETEAU, OPHRYS

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Publié le

29/04/2022

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OPHRYS est un cabinet qui conseille et accompagne les organisations et leurs dirigeants pour renforcer leur performance globale dans un contexte en pleine mutation. Nous sommes deux consultants. Nous sommes tous les deux d’anciens chefs d’entreprise, avec l’ADN d’entrepreneur toujours au cœur de notre projet.
Christophe GUICHETEAU, Consultant Partenaire chez Ophrys
Je suis persuadé que nous devons tout faire pour que notre avenir reste désirable, et nous devons donc accompagner les filières, les aider à modifier leurs comportements. La filière BTP est particulièrement concernée par la question.
Christophe GUICHETEAU, OPHRYS

Bonjour, comment allez-vous dans cette période de crise sanitaire et diplomatique, doublée d’incertitudes économiques, sans oublier la crise climatique qui s’accentue ?

Je vais vraiment bien. J’ai l’intuition que cette situation va nous donner des opportunités de travailler sur de nombreux sujets innovants. Nous allons devoir collectivement trouver des solutions pour que l’activité continue. Je suis convaincu que si chacun d’entre nous fait sa part, on y arrivera, un peu comme dans la légende du colibri. Personnellement, je crois plutôt qu’il nous faut passer du colibri au pélican, pour transporter un litre plutôt qu’une goutte d’eau…

Pouvez-vous vous présenter, vos 3 points forts personnels et/ou professionnels ?

Parmi mes 3 points forts, personnellement, je peux évoquer l’engagement et le sens que je donne aux actions que je mène au quotidien, ainsi que ma capacité à rassembler des acteurs qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble, ou ma détermination qui m’amène à ne rien lâcher.

Quand je me lance dans une aventure, je vais jusqu’au bout et fais tout ce qu’il faut pour que cela fonctionne. C’est ce qui m’amène à être plutôt à l’aise quand survient un échec car je sais que j’ai tout mis en œuvre pour que cela fonctionne.

Je suis aussi un curieux insatisfait, je découvre et j’apprends tous les jours.

Pouvez-vous nous raconter comment vous avez rejoint OPHRYS ?

J’ai 50 ans, et 3 enfants. J’ai été chef d’entreprise pendant 25 ans dans le secteur vinicole, et, en 2016, j’ai tout perdu avec une liquidation judiciaire. J’ai dû faire un « reset » de ma vie. Ce qui m’a amené à me poser des questions sur ma future vie souhaitée.

Mon engagement citoyen s’est renforcé. J’ai participé avec mes enfants aux manifestations des lycéens pour le climat et j’ai constaté qu’il n’y avait pas de parents dans ces manifestations. Cela m’a véritablement interpelé.  Je crois que la prise de conscience climatique n’est pas quelque chose d’évident, surtout quand on est pris dans son confort quotidien.

J’ai repris des études à l’ESSEC en 2017 et j’ai suivi le Certificat Français du Fundraising. Le fundraising est le terme anglais qui désigne l’ensemble des techniques de collecte de fonds pour développer les ressources financières des organisations pour des causes d’intérêt général. Je suis devenu en 2018 consultant en mécénat et collecte de fonds, ce qui m’a amené à accompagner des associations pour leur permettre de bénéficier de financements pérennes. J’ai fait cela pendant 2 ans.

Plus j’avançais auprès des entreprises et des acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire, plus je constatais que les sujets de transitions étaient de plus en plus prégnants avec une vraie interrogation que je résumerais de la façon suivante : « on a compris les enjeux, mais qu’est-ce qu’on peut faire demain pour engager nos collaborateurs et toutes les parties prenantes ? ».

J’ai constaté que le volet RSE était trop souvent traité en entreprise de façon normative en oubliant le sens ou l’aspect humain. J’en suis venu à l’idée que si nous avions envie de réussir les transitions, il était urgent d’aider les organisations à mieux les vivre, et à prendre du recul par rapport aux situations qui ne tiendraient pas compte de l’impératif planétaire.

Mon premier objectif est de m’appuyer sur les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’Agenda 2030 en France et d’accompagner les organisations sur ces sujets d’intérêt général.

En parallèle, OPHRYS a été créé en 2015 par Jean-François REYNOUARD, qui est un ami depuis 15 ans. Je l’ai rejoint en 2021 car nos visions complémentaires se rejoignaient dans une évidence naturelle.

Pouvez-vous présenter OPHRYS ?

OPHRYS est un cabinet qui conseille et accompagne les organisations et leurs dirigeants pour renforcer leur performance globale dans un contexte en pleine mutation. Nous sommes deux consultants. Notre conviction est que nous devons être impliqué de bout en bout sur les sujets que nous accompagnons. Nous privilégions les missions longues avec une approche stratégique couplée à un engagement opérationnel sur le terrain et avec les équipes.

Nous sommes tous les deux d’anciens chefs d’entreprise, avec l’ADN d’entrepreneur toujours au cœur de notre projet.

Notre vraie différence avec des structures comparables est de constituer un duo complémentaire, avec une approche très structurante voir technique sur l’organisation, l’animation d’équipe, ou la transition numérique et énergétique pour Jean-François REYNOUARD et de mon côté, un positionnement sur les enjeux de transition sociétale et environnementale dans leur dimension humaine.

Je suis persuadé que nous devons tout faire pour que notre avenir reste désirable, et nous devons donc accompagner les filières, les aider à modifier leurs comportements. La filière BTP est particulièrement concernée par la question.

Cela suppose le passage à des éco-matériaux, à un changement de méthodes, à la mise en place de boucles d’économie circulaire, à une relocalisation avec de l’hyper proximité, etc.

Toute cette approche m’a amené à jouer un rôle d’assistant à maîtrise d’ouvrage sur l’Économie Sociale et Solidaire et d’assistant à maîtrise d’usage, notamment pour un grand promoteur national que nous accompagnons pour le grand Ouest.

Quelle sont les cibles ou les marchés d’OPHRYS ?

Nos marchés sur le plan géographique se situent dans le grand Ouest de la France. Nous accompagnons de la startup à fort potentiel jusqu’au grand groupe. Cela porte aussi bien sur les services, l’industrie, la tech, pour Jean-François, et pour moi, le bâtiment, les déchets, la mobilité, et d’une façon générale, l’Économie Sociale et Solidaire.

Qu’est-ce qui vous différencie de vos concurrents ?

Notre force est de ne pas être spécialiste et surtout d’avoir une culture de la curiosité qui fait que nous nous intéressons à beaucoup de sujets et de domaines. Cela nous amène à réaliser des passerelles sur les problématiques et les enjeux qui sont le plus souvent similaires d’une filière à une autre.

Notre expérience de l’entreprenariat, nous permet d’apporter une méthodologie pour aider le dirigeant à faire le pas-de-côté. Le but n’est pas de travailler pour 15 acteurs différents en simultané, ce qui nous motive c’est de participer de l’intérieur à la transformation d’une organisation.

Quelles sont les 2-3 réalisations dont vous êtes le plus fier ces 5 dernières années ?

Récemment, OPHRYS a accompagné un groupe industriel sur un appel à projets, dans le cadre de France Relance. Nous lui avons permis de bénéficier de 800 000 euros de subventions pour lui permettre de se repositionner sur un nouveau marché avec une offre innovante. Nous accompagnons également un groupe de second œuvre du bâtiment sur sa réflexion stratégique et la mise en œuvre d’un ERP centralisé, solution numérique qui unifie le système d’information des 19 filiales de l’entreprise.

Avec KAUFMAN & BROAD, nous avons une mission assez large de veille sur les innovations, d’où ma présence à NOVABUILD qui me permet de faire de la veille et d’organiser des rencontres sur le grand Ouest.

Nous organisons, une fois par mois, pour KAUFMAN & BROAD des rencontres avec des partenaires potentiels, sur la technique ou les usages. Nous accompagnons aussi les équipes sur les réponses aux consultations et concours des collectivités et aménageurs.

Notre rôle pour KAUFMAN & BROAD est d’imaginer des actions en lien avec les projets immobiliers. Notre approche n’est pas d’écrire une liste de souhaits ou de rêves, mais de chercher comment assurer la réalisation de partenariats dans le futur projet. Nous rencontrons tous les acteurs avec lesquels nous concevons et construisons le projet. Notre rôle est de décloisonner, de « désiloter » de façon à faire prendre à chacun de la hauteur sur les enjeux collectifs. Nous amenons ensuite les partenaires à s’engager sur leur promesse.

Par exemple, nous avons imaginé en local une boucle d’économie circulaire en partant de la collecte des biodéchets des habitants pour un compostage vers un jardin collectif en lien avec un maraîcher, en y mettant des ateliers d’acculturation et de sensibilisation sur le jardinage et le gaspillage alimentaire.

Le but est de créer du lien et du liant entre toutes les parties prenantes du projet, dès le démarrage entre le promoteur, les fournisseurs du promoteur, le voisinage et les futurs habitants dans une logique de proximité en intégrant la vision politique du territoire.

Récemment, j’ai fait appel à une régie de quartiers qui n’avait jamais travaillé avec un promoteur privé. Cela peut paraitre dérisoire mais illustre pleinement la possibilité des opportunités qui reste à inventer entre les acteurs.

Au démarrage de ma relation avec un client, je veille scrupuleusement à la sincérité de sa volonté de vraiment changer de posture. Cela devient très simple de changer dans l’entreprise à partir du moment où le dirigeant est convaincu qu’il lui faut aborder les sujets autrement.

Quelle place accordez-vous à l’innovation et à la R&D ?

L’innovation, pour moi, c’est avant tout d’être curieux, de ne rien s’interdire, de ne rien refuser, et d’aller rencontrer des acteurs. Innover, c’est garder le réflexe enfantin des yeux grand ouvert et le nez au vent.

Je rencontre beaucoup d’acteurs. Je ne travaille pas dans un esprit de compétition ou je dois absolument gagner. Je cherche à apprendre en permanence et à capitaliser sur les erreurs et les échecs. Je sais que finalement ils nous apprennent autant que les succès. C’est encore plus vrai dans les consultations engagées par les aménageurs. Beaucoup de travail est demandé aux promoteurs, architectes, paysagistes, BE, etc., avec plus d’échecs que de succès, ce qui doit les amener à capitaliser sur le travail même s’ils ne sont pas retenus, en observant mieux les gagnants notamment.

Votre structure intègre-t-elle une démarche d’atténuation, d’adaptation, de transformation, face aux dérèglements climatiques ?

C’est quasiment notre enjeu quotidien, et aujourd’hui, pour ma part, la réduction de l’empreinte carbone est le fil conducteur pour tous les clients que j’accompagne.

Jean-François, quant à lui, accompagne notamment les transitions d’organisation vers un numérique responsable, avec par exemple des solutions innovantes permettant de recycler jusqu’à 90% des calories fatales des serveurs informatiques.

Ces transitions sont la clé de voûte de notre positionnement, pas dans une vision normative, mais dans une vision du quotidien de nos organisations, avec une réelle volonté de mise en mouvement des équipes.

Avec votre regard de consultant, comment percevez-vous l’appréhension de la question climatique dans les entreprises ? Sa dimension politique n’est-elle pas un frein au déploiement d’actions ?

Il y a deux types de sujets. Pour les sujets du quotidien, les déchets, la mobilité, les tiers lieux, … je me rends compte que ces thèmes sont des enjeux de société, et s’engager dans cette voie, c’est faire de la politique au service des citoyens. Il n’y a pas de dogme et les solutions à mettre en place sont pragmatiques. Elles ne peuvent pas être mises en œuvre avec une vision partisane. C’est comme cela que je travaille avec des acteurs qui sont parfois très éloignés les uns des autres sur le plan politique, en cherchant des solutions.

Sur la question du climat, second sujet qui est plus délicat à appréhender, je crois qu’il faut décloisonner et créer une intelligence collective au service du bien commun. Pour l’entreprise, elle doit s’impliquer dans sa transition dès maintenant et avec une approche systémique. Chacun de ses pas, même petits, participe tel le pélican et non le colibri, à la transition environnementale de notre écosystème.

Pourriez-vous nous faire part d’engagements que vous avez pris personnellement, ou en tant que dirigeant d’entreprise, en faveur des questions climatiques ?

Avec Jean-François, nous nous sommes rapprochés du Shift Project et du Comité 21 Grand-Ouest. A titre personnel, dès que j’ai une solution de substitution je n’utilise plus ma voiture, je marche, je prends le vélo, le train, les transports en commun. Pour faire Angers-Nantes, c’est toujours en train et en tram.

Je n’achète quasiment plus rien de neuf. J’ai complètement changé ma façon de vivre. Pour moi, la sobriété heureuse est désormais ma réalité.

Quelle vision portez-vous sur l’avenir du bâtiment, de la ville, des aménagements ? Quelles tendances voyez-vous émerger ?

Nous allons gagner à mon sens en densité dans les zones urbaines, en hauteur et peut être même en profondeur. Nous devons aussi travailler à une mutualisation des moyens devant devenir communs tel que les moyens de transports des derniers mètres, les zones de parking, les équipements techniques (numérique, assainissement…), les parties communes d’habitations…

Il y a aussi bien évidemment la réhabilitation, le réemploi, l’économie circulaire, qui deviendront des usages habituels, à tel point que d’ici 5 ans tout le monde sera sur ces sujets. Il y a une vraie prise de conscience sur la limite de la ressource et une réalité physique qui est devant nous.

Une question maintenant sur votre territoire. Quel est votre port d’attache ? Est-ce que vous pouvez décrire votre relation à ce territoire ? Ce qu’il vous apporte ? Ce que vous lui apportez ?

Je suis angevin. J’ai grandi à la résidence Kalouguine dans le quartier Monplaisir à Angers.

C’étaient des maisons « Barbapapa » conçues par l’architecte français Vladimir Kalouguine dans des formes souples avec des façades courbes et irrégulières en béton projeté insérées dans un environnement verdoyant exceptionnel. J’y suis arrivé avec mes parents et mes sœurs en 1976 alors que le chantier venait de s’achever. Les Kalouguines étaient une sorte de cité radieuse et m’ont appris à vivre de façon collective, avec une conviction que me tourner vers l’autre m’apprend énormément. La douceur angevine n’est pas une légende, elle existe vraiment dans les relations entre les citoyens.

Auprès de qui ou de quoi allez-vous puisez votre énergie quand vous en avez besoin ?

La Loire. Je regarde la Loire, je suis très contemplatif et je suis profondément ligérien.

Il y aussi un autre lieu extrêmement inspirant pour moi, c’est l’Abbaye de Fontevraud. Je l’ai visitée pour la première fois en 1977, il y avait encore des prisonniers. J’y retourne très régulièrement profiter des expositions, concerts et maintenant du Musée d’Art moderne. C’est un lieu qui n’a cessé d’innover depuis plus de 900 ans !

Et le pas-de-côté que vous n’avez pas encore fait, et que vous aimeriez faire ?

Mon pas-de-côté, ce serait de partir vivre à l’étranger.

Vous êtes membre de Novabuild, quels bénéfices en retirez-vous, en attendez-vous ?

J’en retire déjà des bénéfices sur la diversité d’acteurs et la diversité de visions qui ont toutes un point commun, la curiosité à l’autre.

Je vous remercie d’avoir bien voulu répondre à nos questions.

 

Propos recueillis par Pierre-Yves Legrand, directeur de Novabuild, le 14 avril 2022

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