La maquette TQC "tel que construit" | Rencontre avec Didier LEPOSA, BIMoDL

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Publié le

02/04/2021
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BIMoDL est un BET de modélisation 3D ouvert depuis septembre 2019. A partir d’une note de calcul je monte la 3D finalisée pour exécution en atelier ou sur chantier. Je facilite la fabrication et le montage de structures métalliques essentiellement. La maquette est une TQC, « tel que construit ».
Didier LEPOSA, fondateur de BIMoDL
Ma force est l’analyse de la note de calculs et des plans, pour faire gagner du temps et de la sécurité au montage et sur les chantiers.
Didier LEPOSA, BIMoDL

Bonjour Didier LEPOSA comment allez-vous dans cette période un peu particulière ?

Je dois bien le dire, je vais bien, même très bien. Nous sommes dans une région où il n’y a pas trop de problèmes sanitaires, et de mon côté, j’ai, à l’heure actuelle, une activité soutenue.

Pouvez-vous vous présenter, vos 3 points forts personnels et professionnels ?

J’ai 57 ans dans une semaine.

Je manie depuis 15 ans le logiciel TEKLA structures. Au début de la 3D, il y avait beaucoup de logiciels, aujourd’hui, il y en a moins, et à l’époque, je me suis spécialisé dans la charpente métallique. J’ai beaucoup travaillé avec TRIMBLE, guidé des développements et contribuer à faire évoluer leurs outils.

J’ai souvent fait de l’encadrement de dessinateurs projeteurs. J’ai touché à de multiples logiciels, et je suis assez vite monté comme un référent 3D, bien avant que le BIM n’arrive.

J’ai même fait des formations TEKLA structures en tant que formateur à l’ESTP à Paris.

Un de mes points forts c’est la maîtrise de l’interopérabilité entre les systèmes. On peut même dire, qu’il y a presque une « complicité » entre le logiciel et moi.

Pouvez-vous nous raconter comment avez-vous intégré BIMoDL? Pourquoi l’avez-vous créée ?

Au départ, je suis parisien. Nous avions avec ma femme un pied à terre en Loire Atlantique, ce qui nous a donné l’envie, avec ma famille, de nous installer à Nantes il y a quelques années. À cette époque, je continuais à travailler à Paris, chez Technip, et je faisais l’aller-retour, cela a duré 2-3 ans. Mon scooter m’attendait en permanence à Montparnasse.

Puis, je me suis lassé de faire ces aller-retours, et avec ma femme qui avait monté un magasin à Nantes dans une époque difficile pour le centre-ville, nous avons décidé d’aller un peu plus au sud, en Vendée.

J’ai décidé alors de me mettre à mon compte et de créer mon activité.

Je voulais revenir sur ce que je fais le mieux : être un projeteur spécialisé dans la charpente métallique, je voulais tracer à nouveau, modéliser les détails. J’avais oublié l’exécution pendant une dizaine d’année, tout le temps où j’ai travaillé pour l’ingénierie, et j’avais envie d’y revenir.

Je suis installé à la pépinière d’entreprises de la Roche-sur-Yon. Être à la Roche me permet une proximité avec un grand nombre de mes clients, je pense notamment au groupe Briand.

Pouvez-vous présenter BIMoDL ?

BIMoDL est un BET de modélisation 3D. A partir d’une note de calcul je monte la 3D finalisée pour exécution en atelier ou sur chantier.

Je suis ouvert depuis septembre 2020. Le passage par l’industrie me permet d’être très performant pour la charpente métallique, je vois venir très tôt les difficultés. Et je continue de me former en permanence.

Quel est votre rôle, votre contribution au sein de BIMoDL ?

Je facilite la fabrication et le montage d’une structure métallique. La moindre pièce est dessinée. La maquette est une TQC, « tel que construit ». Cela permet une interaction entre le projet de départ et le montage sur site. L’atelier sait exactement ce qu’il a à faire, et sur chantier, c’est la même chose. Cela permet la précision et la rapidité, une meilleure sécurité, et moins de marge d’erreur. On anticipe l’exécution, on arrive à surpasser les difficultés à boulonner par exemple, ce qui permet avant même que la pièce ne soit réalisée, à la modifier pour que la pose soit faisable.

D’une certaine façon, je suis un centre de profit. Ma force est l’analyse de la note de calculs et des plans, pour faire gagner du temps et de la sécurité au montage.

Quelle est la ou les cible(s), les marchés, de BIMoDL ?

En Vendée, nous sommes plusieurs projeteurs TEKLA. Mais ce n’est pas gênant, car il y a pas mal de gros projets qui sollicitent plusieurs indépendants en même temps.

Ma force est de connaître l’outil depuis longtemps, et j’ai une méthodologie qui me permet de faire l’interface entre ingénierie et exécution. Je sais traduire le dessin de l’architecte et la note de calcul en plan d’éxé optimisé.

Quelles sont les 2-3 réalisations dont vous êtes le plus fier ces 5 dernières années ?

Ce dont je suis le plus fier, c’est sans aucun doute, le projet YAMAL avec Technip, en Sibérie, pour le compte du groupe Total. Je me souviens d’un ancien de chez Technip qui nous disait : « vous avez participé à l’élaboration d’une ville de pyramides ». Nous étions nombreux à travailler dessus. Effectivement, c’est impressionnant, même colossal, avec des profils reconstitués de 2 mètres de haut, des choses dantesques.

Je pense aussi à une usine pharma en 3D, près d’Arras, pour LFB. Nous sommes allés très loin dans les détails sur l’intérieur. Nous avons pour l’occasion associé REVIT et TEKLA, qui en fait se marient très bien, et une fois ce couplage maîtrisé, nous sommes allés très loin.

Quelle place accordez-vous à la veille et l’entretien de vos compétences ?

Je continue d’avoir une longueur d’avance. Je m’informe beaucoup sur LinkedIn. Avec les bons mots clés, notamment sur les logiciels et les matériaux, on trouve beaucoup de choses. Les salons me manquent. Le dernier que j’ai fait, chez COUGNAUD, était super. Ces salons donnent beaucoup d’idée. On n’est pas limité avec TEKLA à la charpente métallique, on peut travailler sur tous les matériaux.

Intégrez-vous une démarche d’atténuation, d’adaptation, de transformation, face aux dérèglements climatiques ?

Pas à l’heure actuelle. Je n’en ai pas la demande.

Je toujours regardé toutes les dimensions du BIM, jusqu’à la XD, la dimension environnementale du BIM. Tout est possible en couplage et interopérabilité entre projets. On peut donc ajouter une dimension carbone et environnementale, mais il faut qu’on nous passe commande.

Quelle vision portez-vous sur l’avenir votre profession ?

Je pense que la progression va se resserrer au niveau des logiciels. Il y a des regroupements qui se préparent, on va peut-être aller vers une concentration comme pour les marques de lessives qui en fait sont regroupées dans deux grands groupes mondiaux.

Sur le BIM, venant de l’industrie, je cherche à intégrer plusieurs corps de métier dans le même système. C’est une culture, et c’est ce que je cherche à faire avec le BIM, intégrer le logiciel d’un charpentier (Tekla Structures), celui de l’architecte (REVIT / ArchiCAD), même s’ils sont différents, il faut pouvoir les faire parler ensemble. Le fichier IFC est un bon moyen d’import/ export entre logiciels.

Une question maintenant sur votre territoire. Quel est votre port d’attache ? est-ce que vous pouvez décrire votre relation à ce territoire ? ce qu’il vous apporte ? Ce que vous lui apportez ?

Mon territoire m’apporte un bien être colossal. Je suis devenu amoureux de la Vendée. J’aime le climat. Et avec les vendéens, quand la confiance est établie, on peut aller très loin dans la relation.

Auprès de qui ou de quoi allez-vous puisez votre énergie quand vous en avez besoin (familier, ami, musicien, artiste, romancier, ville, lieu secret, etc.) ?

Dès qu’il fait beau, je prends ma moto. Je retrouve les potes de l’association Harley Davidson 85. On se fait régulièrement des promenades en groupe.

Je joue aussi dans un groupe de rock, The byes, avec lequel je joue de la basse. Je l’ai intégré il y a trois ans. Cela me permet de souffler. J’ai mon coin studio à la maison, et dès que je peux, je gratte.

Pouvez-vous évoquer pour nous votre plus bel accomplissement professionnel ?

C’est tous les jours.

Hier, par exemple, pour boulonner deux profils ensemble, on conçoit deux pièces, on les plie, et de les voir se plier, rien que ça cela, me donne une grande satisfaction.

Partir de la modélisation 3D et tourner sa pièce dans tous les sens pour la vérifier, je suis hyper fan de ça. Tant que je peux continuer à le faire, je ne m’en lasserai jamais !

J’ai été très fier à l’époque d’avoir participer à l’élaboration de certains des Bateaux Mouches de Paris, j’ai travaillé sur une bonne dizaine d’entre eux. D’ailleurs, dès que je peux, quand je suis à Paris, une promenade sur la Seine en Bateaux-Mouches, me donne beaucoup de plaisirs.

Et le pas-de-côté que vous n’avez pas encore fait, et que vous aimeriez faire ?

Ce serait de faire un tour en bécane aux États-Unis, la route 66 par exemple.

Je suis aussi un féru d’archéologie. Un truc que je voudrais avec ma femme, ce serait d’aller voir Herculanum et Pompéi.

Vous êtes membre de Novabuild, quels bénéfices en retirez-vous ?

Comme pour la pépinière où je suis installé, NOVABUILD pour moi c’est avant tout du réseautage. Cela permet de faire connaissance. Il faut faire parler de soi, et voir ce que font les autres, chercher ce qu’on pourrait avoir en commun. J’aurais pu rester chez moi pour travailler, mais j’ai voulu aller en pépinière pour ce partage, et bien NOVABUILD, c’est pareil, c’est une façon de ne pas rester chez soi et de partager son métier, sa passion.

Je vous remercie d’avoir bien voulu répondre à nos questions.

Propos recueillis par Pierre-Yves Legrand, directeur de Novabuild, le 24 mars 2021.

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