Des luminaires bois alliant esthétique et performance | Rencontre avec Bertrand GILBERT, Kraken Lighting

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Publié le

20/01/2022
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Nous sommes les seuls sur cette idée de luminaire en bois alliant l’esthétique et la performance. Nos produits sont esthétiques, avec une qualité d’éclairage professionnel, et un bon rendement. Nous joignons les deux, esthétique et performance.
Bertrand GILBERT, Cofondateur de KRAKEN-LIGHTING

Bonjour Bertrand GILBERT, comment allez-vous dans cette période de crise sanitaire, doublée d’un début de crise économique, sans oublier la crise climatique qui s’accentue ?

Cela va plutôt bien, voire très bien. La crise sanitaire a eu plutôt du bon pour nous, elle nous a donné du temps pour réfléchir et nous a donné envie de nous poser des questions sur le sens à donner à notre vie et à poser un nouveau projet. Cela nous a amené, avec mon associé, Nicolas FORGET, à démarrer une aventure avec un projet d’entreprise qui réponde à cette quête de sens.

Pouvez-vous vous présenter, vos 3 points forts personnels et professionnels ?

Je suis de formation ingénieur en acoustique et thermique du bâtiment, avec une spécialité en éclairage. C’est ce qui me plaisait le plus, peut-être parce que c’est ce qui se voyait le plus. L’acoustique et la thermique sont moins visibles, l’éclairage a un côté graphique et visuel assez sympa, on se rend vite compte du résultat et si cela nous plait. J’ai eu mon diplôme en 2009 et toute mon expérience professionnelle a été dédiée à l'éclairage.

J’ai commencé chez des concepteurs de lumière, puis j’ai été dans une filière technique et enfin dans le commerce en éclairage. Le volet commercial me permettait de monter mes projets de A à Z. Je voulais être à l’origine de la discussion avec un architecte et trouver des solutions ensemble.

Pouvez-vous nous raconter comment et pourquoi vous avez créé Kraken Lighting ?

Le confinement m’a permis de monter 2 projets en parallèle. J’ai d'une part une activité d’achat et de vente de luminaires.

Le projet Kraken Lighting est quant à lui plus personnel. Nous l'avons monté à deux, avec Nicolas FORGET. Nous voulions créer une marque de luminaires qui nous corresponde pour donner du sens à notre métier.

On a eu envie d’être en adéquation entre ce qu’on était et ce qu’on faisait.

Nous sommes tous les deux complémentaires. Il est designer-produit et graphiste. Fin 2019, il avait conçu des luminaires en bois. Cela en était resté là. Comme je le disais, avec le confinement, nous avons eu l'idée de saisir cette opportunité pour commencer à parler gamme de produit et imaginer comment les produits pouvaient être produits.

Pendant les deux mois du confinement, nous avons travaillé ensemble, mais sans nous voir, forcément. Il a dessiné tous les produits, il les a imprimés en 3D. Et avant la fin du 1er confinement, nous sommes allés à la rencontre des industriels du bois qui ont de leur côté prototypé ces produits et qui aujourd'hui les fabriquent.

A cette époque, nous avons fait une étude de marché. Nous avons vu que nous pouvions produire avec des produits bois français, à un prix acceptable par le marché.

Enfin, ce qui nous a mis le pied à l’étrier, c'est le fait d'avoir été lauréat d'un appel à projets de l’ADEME et de la Région Pays de la Loire à l’été 2020 sur le réemploi et l’économie circulaire. L’idée était de fabriquer des luminaires à partir de bois de déchet. Il nous a fallu imaginer la mise en place de toute une filière.

Ce prix nous a décidé, nous nous sommes rendu compte que nous n’avions plus trop le choix, il fallait se lancer.

Pouvez-vous présenter Kraken Lighting ?

Nous avons dimensionné notre entreprise de façon à répondre à des appels d’offre tertiaires et publics. Nous en sommes au démarrage, mais nous avons déjà beaucoup de sollicitations. Nous ne sommes que deux pour le moment, mais nous avons une vision du développement qui repose plutôt sur l’idée d’une entreprise libérée. Nous avons choisi le statut de SAS, pour autant, nous voulons que tout le monde soient pris en compte et écouté. Nous voulons intégrer des gens dans notre démarche, qui seront salariés ou associés, s’ils le souhaitent.

Quel est votre rôle, votre contribution au sein de votre structure ?

Je suis la face visible de l’iceberg. Je suis en contact avec les clients, les maîtres d’ouvrages et les maîtres d’œuvre. Je cherche à convaincre mes interlocuteurs.

De son côté, Nicolas FORGET est celui qui conçoit, dessine et réalise les produits.

Quelle sont les cibles, les marchés, de votre structure ? Quelle est sa place sur son marché ?

Nous avons aujourd’hui deux gammes principales.

La première est une gamme d’accessoires qui viennent se placer autour de luminaires existants. Nous avons choisi démarrer sur cette gamme car c’était quelque chose de plus facile et rapide à mettre en œuvre. Cela nous a permis de mieux connaître l’industrie du bois, de créer la marque et de faire connaître notre image de marque.

Nous avons désormais une gamme complète de produits luminaires. Ce 2e catalogue a été plus long à sortir, il nous a fallu faire des tests en labos notamment.

Nous sommes clairement dans le BtoB et visons des marchés d’appels d’offre publics, dans le tertiaire ou le Retail. Nous avons réalisé des bureaux, des écoles, des restaurants d’entreprises, des boutiques, etc.

Qu’est-ce qui vous différencie de vos concurrents ?

Aujourd’hui, nous sommes les seuls sur cette idée de luminaire en bois alliant l’esthétique et la performance. Nos produits sont esthétiques, avec une qualité d’éclairage professionnel, et un bon rendement. Nous joignons les deux, esthétique et performance.

Quelles sont les 2-3 réalisations dont vous êtes le plus fier ?

Nous avons livré 40 à 50 projets, mais nous sommes toujours en phase de démarrage.

J’ai noté trois projets marquants.

Nous avons participé à l’Atelier des Transitions, une ancienne banque rénovée en réemploi, par Léa CREDIDIO du cabinet d’architectes INFINI, qui a voulu faire un espace partagé, ouvert à la mobilité douce, et du tertiaire ouvert aux associations environnementales, avec un impact carbone ultra limité. Nous avons dessiné des éclairages pour les bureaux et les lieux de vente. Nous n’avions pas encore notre gamme de réemploi, mais nous sommes heureux d’y avoir participé. Cela donne du sens à notre projet.

Nous avons fait un l’éclairage d’un restaurant de centre de vacances à Concarneau, avec 60 luminaires. C’est notre plus important projet à ce jour.

Je pense aussi à l’école culinaire FERRANDI dont nous avons fait l’éclairage de la salle de restauration et les boutiques.

Quelle place accordez-vous à l’innovation et à la R&D ?

Ce qui est surprenant c’est que nous sommes constamment dans la R&D, tout en cherchant à faire des choses simples à partir de l’existant. Nos produits sont sobres dans leur approche. On n’invente pas des nouveaux matériaux, mais nous simplifions et travaillons de façon raisonnée, nous cherchons à faire du design utile

Kraken Lighting intègre-t-elle une démarche d’atténuation, d’adaptation, de transformation, face aux dérèglements climatiques ?

Le point important, est que nous n’utilisons que des bois français et locaux, ce qui est assez original dans un marché où personne ne se demande où sont fabriqués les luminaires.

Notre société est située à Montaigu en Vendée. La fabrication du bois se situe à Angers, la métallerie est en Mayenne, le bois vient de 200-300 km autour des sites de production.

Il y a aussi le sujet du réemploi. Pour nous, le bois n’est jamais un déchet. Nous en récupérons, et recréons quelque chose avec ce que nous trouvons. Pour autant, faire du réemploi ne nous empêche pas d’être dans du volume et de la série. Nous récupérons des chutes de bois industriels, ce qui nous permet d’aller bien au-delà de la pièce unique. Nous sommes bien dans un process industriel. On évite l’impact carbone de sa combustion, et nous contribuons à l’emploi local.

La démarche environnementale est pour nous couplée à une démarche solidaire. Nous travaillons avec les réseaux des établissements et services d’aide par le travail (ESAT) qui nous permettent d’associer des travailleurs handicapés pour des assemblages de produits. Cela fait partie d’une démarche globale qui donne du sens et de la valeur à ce que nous faisons. Cela remet les pendules à l’heure des urgences et des besoins.

Pourriez-vous nous faire part d’engagements que vous avez pris personnellement, ou en tant que dirigeant d’entreprise, en faveur des questions climatiques ?

A titre personnel, c’est ce qui m’a poussé à créer Kraken Lighting. Je n’ai jamais été militant, mais j’ai une démarche engagée et raisonnée. Je vais chercher mes produits à la ferme, je fais mes courses en vrac en visant le zéro déchet, par exemple.

Une question maintenant sur votre territoire. Quel est votre port d’attache ? est-ce que vous pouvez décrire votre relation à ce territoire ? Ce qu’il vous apporte ? Ce que vous lui apportez ?

Je suis breton, la notion de port d’attache raisonne en moi. J’ai grandi en Bretagne, et je me suis empressé de rejoindre l’Ouest après mes études parisiennes.

Mon associé est Vendéen. Nous avons installé notre entreprise en Vendée, territoire dont l’industrie du bois est forte et historique. Et en plus, ce n’est pas loin de la Bretagne !

Auprès de qui ou de quoi allez-vous puiser votre énergie quand vous en avez besoin ?

Dès que je peux, je me reconnecte à la nature. Dans une création d’entreprise, on passe beaucoup de temps à démarcher et à être devant un ordinateur, alors, ces moments où l’on rejoint la nature, deviennent très précieux.

A l’origine je suis plongeur et surfeur. Être sous l’eau est un gros sas de décompression pour moi. La dernière fois que j’ai plongé, c’était à Etel en Bretagne.

Pouvez-vous évoquer pour nous votre plus bel accomplissement professionnel ?

Ce dont je suis le plus fier, c’est que les architectes avec lesquels je travaille me sont restées fidèles et m’ont toujours suivi même après avoir changé d’entreprise. Ce côté humain est le plus important pour moi, bien au-delà des beaux projets que j’ai pu réaliser.

Et le pas-de-côté que vous n’avez pas encore fait, et que vous aimeriez faire ?

On est parti pendant plusieurs mois avec ma femme faire un tour du monde, plutôt en Océanie. Cela a été notre gros pas-de-côté. On aimerait le refaire, mais ce serait cette fois ci avec nos enfants.

Vous êtes membre de NOVABUILD, quels bénéfices en attendez-vous ?

Notre adhésion est assez récente. Je me suis rendu compte de la nécessité d’aborder le marché de l’éclairage sous un autre angle. Mon approche commerciale est assez traditionnelle, Novabuild me permet d’avoir une démarche en phase avec les engagements, de partager avec des personnes qui sont convaincues et qui font des choses en phase avec leurs convictions. Les adhérents de Novabuild sont des créateurs et des faiseurs, bien au-delà des beaux discours.

Je vous remercie d’avoir bien voulu répondre à nos questions.

 

Propos recueillis par Pierre-Yves LEGRAND, directeur de NOVABUILD, le 13 janvier 2022

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(1) Commentaires

Bonjour, Bel article et beau témoignage ! Je suis tombé sur Kraken il y a quelques semaines par hasard via le site Novabuild. J'ai visité leur site et j'ai été frappé à la fois par leur enthousiasme, leur énergie et la joie de faire qui en émane, en accord avec des vraies convictions pour le développement durable, sans parler de leur umour et toutes ces sortes de choses, comme disait l'autre. Mais les luminaires tiennent la route, autant au niveau du design que des fonctionnalités. On voit que la formation et le professionnalisme, sans doute éclairagisme à Poitiers, sont solides et fiables. Bravo pour cette belle illustration d'économie circulaire et de réelle solidarité autour de projets simples et sincères. Ça sort de l'ordinaire en claquant les portes. Je souhaite à Kraken un succès durable. Et j'avoue que, venant de la Presqu'ile guérandaise, j'ai un a priori favorable pour les Bretons, et même pour les Vendéens... Bien cordialement Dominique Ouvrard

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