Le bois dans tous ses états | Rencontre avec Tristan LHEURE, OBM Construction

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Publié le

15/09/2021
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OBM CONSTRUCTION

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Le marché principal d’OBM Construction, qui représente 90% de notre Chiffre d’affaires, est constitué de la construction de bâtiments scolaires, avec des collèges et des groupes scolaires. C’est notre force historique et notre savoir-faire.
Tristan LHEURE, Secrétaire général d'OBM Construction

Bonjour Tristan LHEURE, comment allez-vous dans cette période de crise sanitaire, doublée d’incertitudes économiques, sans oublier la crise climatique qui s’accentue ?

Ça va bien avec beaucoup de changements dans ma vie personnelle et professionnelle.

J’ai vécu à Nantes pendant un an, et je viens de me réinstaller à Orléans pour rejoindre OBM Construction comme Secrétaire général. OBM Construction est l’entreprise de la famille, pour laquelle j’avais déjà travaillé une dizaine d’années en occupant différents postes dans différents lieux.

Mon but aujourd’hui est de réfléchir à l’avenir de la société et à la stratégie. Mon père, qui en assure la direction générale, me fait confiance pour écrire les prochaines années, avec de belles perspectives de développement.

C’est un nouveau challenge professionnel, associé à un challenge personnel, la société étant intiment liée à notre famille.

Pouvez-vous vous présenter, vos 3 points forts personnels et professionnels ?

Je citerais bien en premier la détermination. Quand j’ai une idée en tête, les obstacles ne me font pas peur et je vais jusqu’au bout.

Je peux parler aussi de mon agilité et ma capacité à rebondir, comme on le dit dans le monde des Startup.

Et, enfin, j’évoquerais mon esprit d’entrepreneur avec plutôt un modèle d’entreprise familiale. Mon grand-père était entrepreneur, comme mon père et mon oncle, j’ai baigné dans ce monde-là.

Pouvez-vous nous raconter, votre parcours, en particulier comment avez-vous intégré OBM Construction ?

J’ai 35 ans, je suis marié et j’ai deux enfants. J’ai fait Audencia à Nantes, plutôt dans le volet finance.

Mes premiers emplois étaient en salle de marché, en 2009, en pleine crise financière, c’était assez particulier, voire le drame. Mon père m’a alors proposé d’aller en Nouvelle Calédonie pour travailler sur un chantier pour une mine de Nickel. Je me suis d’abord occupé de la qualité, puis de la gestion globale de l’opération. D’une mission de 4 mois, je suis resté 3 ans sur place. De façon personnelle et professionnelle, je me suis bien éclaté !

Puis je suis rentré à Avignon, toujours pour OBM Construction. J’avais la charge du commercial et des projets immobiliers du groupe, d’abord à Avignon puis Paris.

Ensuite, j’ai quitté la société pour découvrir l’extérieur. J’avais identifié une startup innovante sur la commercialisation de logements. Je suis entré chez HABX comme responsable de programme, puis directeur de programme.

Avec le confinement, la société a stoppé l’activité de commercialisation, et toutes les équipes commerciales sont sorties des effectifs.

J’en ai profité pour déménager à Nantes pour m’installer comme indépendant. J’ai commercialisé les produits OBM Construction. Cela m’a amené à identifier des projets, gagner des appels d’offre et mettre en œuvre ces projets.

Et la suite, vous la connaissez déjà.

Pouvez-vous présenter OBM Construction ?

OBM Construction est une entreprise générale de construction bois. Elle gère des projets tous corps d’état. Elle a des BET, une usine de préfabrication d’ossatures bois, des équipes de montage, des conducteurs de travaux, et des chefs de chantier.

OBM Construction est historiquement une filiale de l’entreprise d’électricité de mon grand-père, Bornhauser MOLINARI, qui était sortie du giron familial. Mon père, avec son frère et sa sœur, ont racheté cette filiale en 1993 à Eiffage. Elle faisait 1 million de chiffres d’affaires, spécialisée dans la construction scolaire avec une particularité, celle de livrer dans des délais très courts.

Aujourd’hui, nous répondons à toutes nos opérations en construction bois, avec toutes ses possibilités. On a un peu d’avance sur ce mode constructif par rapport aux majors du fait de notre antériorité.

Nous sommes aujourd’hui 71 salariés pour un CA de 45 millions d'€. OBM Construction a connu une croissance externe assez importante ces dernières années. Nous avons racheté une dizaine de sociétés, et nous sommes toujours intéressés par des partenariats, l’avenir reste à écrire.

Vous disiez tout à l'heure que vous êtes Secrétaire général d’OBM Construction, pouvez-vous nous en dire plus sur votre rôle, votre contribution ?

Je suis un facilitateur. Je facilite le fonctionnement de la société.

J’ai un rôle très transversal, en dehors du volet DAF de mon poste. Le but du jeu est d’aligner les forces en présence pour permettre à OBM Construction de croître et se développer.

Quelle sont les cibles et les marchés, d’OBM Construction ? Quelle est votre place sur votre marché ?

Le marché principal d’OBM Construction, qui représente 90% de notre Chiffre d’affaires, est constitué de la construction de bâtiments scolaires, avec des collèges et des groupes scolaires. C’est notre force historique et notre savoir-faire.

Nous souhaitons aussi nous développer sur l’immobilier de bureau. Nous en avons déjà fait, avec des industriels de l’énergie, des laboratoires pharmaceutiques ou des PME qui cherchent à être vertueux et à construire rapidement, ce qui reste une grande force du bois.

Nous avons construit pour d’autres usages comme la santé, le sanitaire et le social, avec des EPHAD par exemple.

On s’intéresse aussi au logement. Notre stratégie serait de faire un premier test pour se développer à terme.

Qu’est-ce qui vous différencie de vos concurrents ?

Nos principaux concurrents sont des majors et des ETI qui répondent en béton là où nous répondons en bois. Nos points forts sont donc liés aux atouts du bois.

Et notre particularité, c’est de mettre l’accent sur l’innovation et la décarbonation.

Collège « Frida Kahlo » de PONTCHATEAU (44). Maître d'ouvrage : Conseil Départemental Loire-Atlantique - Architecte : ARS Architectes Rocheteau-Saillard - Constructeur : OBM Construction

Quelles sont les 2-3 réalisations dont vous êtes le plus fier ces 5 dernières années ?

Nous venons de livrer un collège pour la métropole de Lyon, et au vu du contexte sanitaire et de la pénurie des matières premières, nous sommes suis fier d’avoir assuré la rentrée scolaire en temps et en heure.

Je pense aussi à une opération à Pontchâteau (44) pour un collège construit en 12 mois, c’est encore une fois une belle démonstration de notre capacité à livrer dans délais courts.

Quelle place accordez-vous à l’innovation et à la R&D ?

L’innovation me tient personnellement à cœur, étant passé par une Startup. On partait d’une page blanche, c’est cette philosophie que j’apporte à OBM Construction.

On a étudié différentes solutions en construction bois (murs à ossature bois, CLT, mixte métal bois) ce qui nous permet de répondre sur toute la gamme.

J’ai relancé en arrivant chez OBM l’innovation interne. Cela m’a amené à mobiliser les salariés et les équipes en leur demandant de nous proposer des solutions pour faire progresser la société. J’en suis au 5e dossier reçu que nous mettons en œuvre. Cela va du bilan carbone à un travail sur l’outil de production pour accroître la dimension des murs préconstruits.

Il y a aussi un volet digitalisation des outils qui est très avancé. Nous avons également des réflexions sur l’usine de demain.

Aujourd’hui, nous ne vendons pas en tant qu’industriel, mais le travail en préfabrication amène nécessairement à se poser ce type de question pour optimiser l’utilisation des outils.

OBM Construction intègre-t-elle une démarche d’atténuation, d’adaptation, de transformation, face aux dérèglements climatiques ?

Nous venons de signer avec la BPI pour réaliser un diagnostic éco-flux. Nous allons analyser les flux d’énergie, d’eau, de matière (bois métal) et de déchets. De cette analyse, nous allons tirer un plan d’actions, et ensuite, nous serons en mesure de faire un bilan carbone.

J’essaie d’impulser l’idée d’avoir conscience de notre responsabilité personnelle et professionnelle sur la question climatique. Nous sommes sur un matériau vertueux mais tout le monde n’a pas le même niveau de conscience, l’idée est d’ancrer cela auprès de tout le monde dans l’entreprise, et ensuite d’avoir un vrai impact pour baisser les dépenses carbones.

Je crois vraiment que l’entreprise peut influer sur les choix portés au départ par le maître d’ouvrage et l’équipe de maîtrise d’œuvre. Nous pouvons proposer des variantes vertueuses.

De plus, beaucoup d’opérations sortent désormais en marchés globaux de performance, et dans ces marchés, on peut influencer nettement les choix techniques.

Collège Gisèle HALIMI (Pré Gaudry) de Lyon (69) - Maîtrise d'ouvrage : Métropole de Lyon - Maîtrise d'ouvrage déléguée : SERL - Architecte : ARS Architectes Rocheteau-Saillard - Constructeur : OBM Construction

Pourriez-vous nous faire part d’engagements que vous avez pris personnellement, ou en tant que dirigeant d’entreprise, en faveur des questions climatiques ?

A titre personnel, nous avons une démarche qui est assez avancée avec ma femme. Cela a démarré avec l’arrivée de nos enfants. Nous avons modifié les gestes du quotidien, avec les fournisseurs d’électricité, les achats en vrac, le compost, la finance verte, etc.

Les choix personnels sont importants, mais ne sont clairement pas suffisants, l’impact est démultiplié si on fait les mêmes choix dans nos entreprises.

C’est systémique, tout le monde doit s’y mettre en même temps pour que cela puisse bouger.

Quelle vision portez-vous sur l’avenir du bâtiment, de la ville, des aménagements ? les tendances émergentes qui vont se généraliser, les pratiques ou habitudes qui vont se transformer ?

Parlons d’abord de la vision que j’ai sur le système constructif. Le bois représente maximum 10% de la construction. L’Etat s’engage à ce que cela puisse doubler sur 10-20 ans, mais c’est nettement insuffisant pour répondre aux enjeux. Nous avons avec la profession du bois fait la démonstration que c’est possible d’aller plus loin. Au niveau économique, nous savons montrer que nous ne sommes pas plus chers si on raisonne en coût global. De plus, nous répondons à toutes les questions techniques. Pour toutes ces raisons, j’espère bien que le bois saura atteindre 50% du marché sans attendre indéfiniment.

Pour ce qui est de raconter la ville de demain, je crois que l’histoire n’est pas écrite. La crise sanitaire a rebattu les cartes, il y a un transfert des populations vers des villes de taille moyenne. Cela va avoir un impact fort sur l’aménagement du territoire. Nous ne sommes qu’au début de ce changement. Il nous faudra tous nous adapter, à commencer par les infrastructures, tout en limitant l’artificialisation des sols.

Une question maintenant sur votre territoire. Quel est votre port d’attache ? est-ce que vous pouvez décrire votre relation à ce territoire ? Ce qu’il vous apporte ? Ce que vous lui apportez ?

Notre territoire est la région orléanaise, ma famille est de Sologne. Nous construisons régulièrement dans la Région Centre. Mon père, PDG d’OBM Construction, est aussi Président d’Arbocentre, désormais FIBOIS Centre.

Auprès de qui ou de quoi allez-vous puisez votre énergie quand vous en avez besoin (familier, ami, musicien, artiste, romancier, ville, lieu secret, etc.) ?

Je vais faire une réponse en trois parties.

D'abord, ma femme et les enfants me boostent.

Il y a aussi le sport, j’aime courir, j’ai fait le marathon de Paris en 2019, cela me vide et me fait du bien. J’ai hâte de reprendre.

Je fais aussi du saxophone, et j’aime écouter du funk, par exemple le morceau "Shake shake shake" envoie plein de bonnes ondes.

Pouvez-vous nous parler du pas-de-côté que vous n’avez pas encore fait, et que vous aimeriez faire ?

Cela pourrait être de réaliser une Tour Eiffel en bois. Ce serait une démonstration technologique de toute la filière bois, montrer que l’on est capable de faire des choses grandioses en bois.

Vous êtes membre de Novabuild, quels bénéfices en retirez-vous ?

Quand je me suis installé à Nantes pour développer l’activité d’OBM Construction, j’ai naturellement adhéré à Novabuild, et j’ai souhaité maintenir mon engagement à vos côtés même après avoir rejoint l’entreprise en Région Centre. Nous allons poursuivre notre implantation en région nantaise et en Pays de la Loire. Quand nous avons des chantiers en Pays de la Loire, nous travaillons avec des équipes locales pour tous les lots que nous ne gérons pas directement.

J’attends de Novabuild de continuer à me donner une attache avec le réseau nantais. J’attends de vous de m’informer en permanence sur les sujets du carbone et sur l’innovation, sur l’impact de la filière bois locale et nationale. Je crois indispensable votre rôle d’accompagnement des professions de la construction dans les transitions.

Je vous remercie d’avoir bien voulu répondre à nos questions.

Propos recueillis par Pierre-Yves Legrand, directeur de Novabuild, le 8 septembre 2021.

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