La Métropole a décidé de mettre les bouchées doubles sur le réemploi. Une filière déjà particulièrement dynamique sur le territoire que Nantes Métropole a choisi de soutenir d’avantage car l’enjeu est global : le réemploi concerne aussi bien la vie des habitantes et des habitants au quotidien que les filières industrielles. Cet engagement se caractérise par la création d’un fonds d’1 M € pour financer des projets industriels innovants au sein de 4 filières : industrie et matériaux composite carbone, BTP et matériaux de construction, mode durable et textiles et numérique, et le renforcement de l’accompagnement et de la structuration des ressourceries sur le territoire.

Une forte dynamique locale de réemploi

Le territoire nantais possède un secteur économique dynamique et la Métropole est particulièrement mobilisée sur l’accompagnement des actrices et des acteurs économiques dans les transitions. La démarche est déjà fortement engagée au sein de 4 filières économiques stratégiques (industrie et matériaux composite carbone, BTP et matériaux de construction, mode durable et textiles et numérique), témoignant d’une volonté des acteurs et des actrices de se mobiliser sur ces sujets et révélant le potentiel de réemploi. Nantes Métropole encourage et soutient les entreprises qui s’engagent pour la valorisation des chutes de matériaux issues de leur production et l’utilisation de matériaux issus du réemploi dans leurs procédés de fabrication. Cette démarche de réemploi dans les filières industrielles, notamment carbone, fait partie des éléments qui ont été mis en avant par Nantes Métropole et la Communauté de communes d’Erdre & Gesvres dans la candidature ayant abouti à la labellisation de « Territoires d’industrie ».

Les matériaux composites carbone

Les marchés de réemploi des composites carbone sont encore en émergence, mais des gisements « stables » existent sur le territoire grâce à certains acteurs industriels locaux dont Airbus et DAHER, ainsi que des transformateurs et des acteurs académiques et de l’innovation mobilisés sur le sujet. La meilleure illustration en est la construction en cours du nouveau bateau d’Armel Tripon, « Les p’tits doudous », avec du carbone déclassé d’Airbus. DAHER, un autre acteur de l’aéronautique, est parvenu à fabriquer à partir de chutes de production des pédales de palonnier en composite thermoplastique haute performance revalorisé pour équiper des avions. Ces pièces issues du réemploi ont obtenu la certification nécessaire pour pouvoir les faire voler. De son côté, le pôle EMC2 a engagé une réflexion sur un centre 4R (réemploi, réutilisation, réparation, recyclage) pour les matériaux critiques et stratégiques. Il intègre les composites carbone parmi ces matériaux critiques et conduit des projets de recherche et développement et d’innovation sur ce sujet. Le projet est présenté dans le cadre de France 2030. Les actrices et acteurs académiques ne sont pas en reste : Nantes Université lauréate avec son projet « Ouverture » de l’appel à projets ExcellencES, a choisi, avec ses partenaires, la réutilisation du carbone pour le premier collectif d’innovation ouverte en cohérence avec les forces du territoire et les enjeux de l’industrie du futur.

La filière BTP et matériaux de construction

La métropole figure parmi les territoires les plus dynamiques sur le plan du renouvellement et de l’aménagement urbains. On imagine aisément le gisement pouvant être réemployé et valorisé au lieu de finir à l’enfouissement. La maturité grandissante de la filière autour des enjeux « bas carbone » pointe le besoin d’espaces de stockage, de requalification et recaractérisation des matériaux, de coopération entre acteurs et actrices de formation aux nouveaux métiers. Dans l’idéal, pour faciliter les coopérations, les mutualisations et les circuits-courts, il apparaît intéressant de réunir l’ensemble des fonctions sur un même site. C’est dans le cadre de l’appel à projet « Économie circulaire » (Région, DREAL et Ademe) 2021-2024, que l’Icam pilote, mène et porte le projet filière 3R en vue d’une massification des opérations de réemploi, réutilisation et recyclage des matériaux et éléments provenant de la déconstruction des bâtiments. Nantes Métropole, partenaire principal du projet, participe avec les actrices et les acteurs du territoire (parmi lesquels la SNCF, Novabuild, la CERC, le Comité 21 et le CSTB…) à la structuration de la filière 3R des matériaux de construction à l’échelle régionale. L’objectif est d’aboutir à une démarche territoriale cohérente et transversale pour la neutralité carbone par la valorisation des matériaux issus des démolitions et rénovations.

Un fonds pour soutenir les projets de réemploi

Pour encourager ces initiatives, Nantes Métropole propose de se doter d’un fonds d’1 million d’euros afin de soutenir les projets d’innovation liés au réemploi industriel. Ce fonds est destiné à financer les investissements innovants visant des produits, procédés, prototypes ou encore démonstrateurs qui contribuent à l’ambition nantaise de devenir un territoire de premier plan en matière de réemploi dans les filières économiques. Les financements pourraient être attribués dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) annuel entre 2024 et 2026. Plafonné à 100 000 € de subvention par projet, il permettrait de financer 4 à 5 projets par an. L’Imoca démonstrateur d’Armel Tripon « Les p’tits doudous » serait le premier projet emblématique de ce Fonds d’Innovation Réemploi.

« Le réemploi est déjà une réalité au quotidien pour de nombreuses habitantes et habitants de notre territoire. Avec un soutien volontariste de la métropole tant au réemploi solidaire qu’aux projets industriels innovants, je veux aujourd’hui affirmer l’ambition nantaise d’être une terre de réemploi et d’en faire un marqueur fort d’un développement économique responsable. »

Johanna ROLLAND, Maire de Nantes et Présidente de Nantes Métropole

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