Le 27 mars 2026, une centaine de professionnels de la construction et de l’aménagement se sont réunis. Cette rencontre marque une étape clé dans la mise en œuvre des engagements du territoire en faveur de la bifurcation écologique, dans le cadre du Grand Débat « Fabrique de nos Villes » et du Plan Climat Air Energie et Territoire. 

Une ambition collective pour répondre aux défis climatiques 

Engagée de longue date vers la neutralité carbone, Nantes Métropole porte une volonté forte : transformer durablement les pratiques de construction et de rénovation avec des ambitions affichées dans le Plan Local d’Urbanisme métropolitain et le Plan Climat approuvé en avril dernier. 

Comme l’a rappelé Thierry Collette (Directeur du département urbanisme et habitat de Nantes Métropole) en introduction, les bâtiments que nous concevons aujourd’hui façonneront encore le territoire en 2070. Face aux limites planétaires, aux enjeux de sobriété et à la perspective d’un climat à +4°C, la responsabilité est collective : collectivités, aménageurs, maîtres d’ouvrage et professionnels doivent agir ensemble. 

Ce futur référentiel s’inscrit dans cette dynamique ainsi que dans la continuité des actions menées par la démarche PESE (performance environnementale et soutenabilité économique). Non opposable, il vise avant tout à accompagner la transformation des pratiques et à fédérer les acteurs autour d’une culture commune. 

Un référentiel co-construit par et pour les acteurs du territoire 

Porté dans une logique de co-construction, ce référentiel mobilise un large panel d’acteurs : aménageurs, bailleurs, fédérations professionnelles, collectivités et experts du territoire. 

L’ambition est claire : des opérations sur notre territoire ont déjà intégré des réflexions carbone et sobriété mais le passage à l’échelle s’impose pour transformer la manière de construire et de rénover. Le référentiel doit permettre de construire un outil utile, opérationnel et adapté aux réalités de terrain. 

Le processus se déroulera en quatre étapes : 

  • Phase 1 (en cours) : partage des visions, identification des besoins et des points de vigilance  
  • Phase 2 (2026) : rédaction du référentiel  
  • Phase 3 (début 2027) : prototypage et expérimentation  
  • Phase 4 (été 2027) : diffusion et mise en œuvre  

Ce travail s’articule également avec d’autres démarches en cours, notamment la feuille de route de l’éco-construction dédiée aux matériaux biosourcés et au réemploi. 

Un référentiel de Nantes Métropole construit en partenariat avec Novabuild et l’équipe d’AMO retenue

Retour sur la matinée du 27 mars 2026

Une matinée riche en échanges et en prises de conscience 

Animée par Novabuild aux côtés de l’équipe d’AMO (Pouget Consultants, Résiliamo, Johanne San, Naonec, Gaiabati, Murmur réemploi), la matinée a permis de croiser les regards et de faire émerger des constats partagés. 

Premier enseignement : les principes de frugalité, sobriété et bas carbone font aujourd’hui largement consensus. Mais le véritable défi est ailleurs : passer à l’action. 

Des freins identifiés… et des leviers à activer 

  • Le coût se joue en amont : les arbitrages doivent être faits dès la programmation  
  • L’empilement des exigences : normes, réglementations et démarches peuvent freiner l’action  
  • Le manque de coordination : les acteurs interviennent encore trop souvent en silo  
  • Le besoin de preuves économiques : le coût global élargi reste encore difficile à objectiver  
  • Des filières à structurer : réemploi et biosourcé présentent un fort potentiel, mais nécessitent encore de la maturité  
  • Un accompagnement du changement indispensable : méthodes, compétences et culture projet doivent évoluer  
  • La nécessité de faire des choix : la frugalité implique de sortir de la logique d’accumulation  

Bâtiments : entre adhésion aux principes et défis opérationnels 

Si les grands principes de conception frugale sont partagés, leur mise en œuvre concrète soulève encore de nombreuses questions : 

  • Une difficulté à évaluer la qualité architecturale des projets  
  • Des formes bioclimatiques qui interrogent l’acceptabilité  
  • Une compacité encore mal comprise  
  • Des arbitrages complexes autour de la réversibilité  
  • Des contraintes réglementaires, notamment en lien avec le patrimoine  
  • Une nécessaire adaptation aux contextes territoriaux  

En creux, un enjeu majeur se dessine : embarquer élus et citoyens dans le désir de frugalité. 

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Une dynamique collective tournée vers l’action 

La matinée s’est conclue sur une note résolument positive et engagée. Les participants repartent avec : 

  • de l’énergie et de la motivation  
  • l’envie de coopérer davantage  
  • des déclics sur la possibilité de simplifier et de recentrer sur l’essentiel  
  • et des questions concrètes pour passer à l’opérationnel  

Quelques expressions entendues illustrent cet état d’esprit : « On y va ! » « Les solutions existent déjà » « La frugalité germe, allons voir comment l’arroser » 

Une conviction s’impose : la transformation est possible, à condition de la construire collectivement. 

Un référentiel pour transformer durablement les pratiques 

Au-delà de l’outil, ce référentiel porte une ambition plus large : 

  • Favoriser le dialogue en amont des projets  
  • Arbitrer plutôt qu’empiler  
  • Redonner du sens à l’acte de construire  

Mais surtout, il invite à un changement de regard : La frugalité n’est pas une contrainte. C’est un choix de projet. Un choix de socié