Le 22 mai 2026, les adhérentes et adhérents de Novabuild ont eu le plaisir de découvrir le chantier du Pont Anne de Bretagne et d'échanger avec les acteurs présents. En savoir plus
Description du projet
Le pont Anne-de-Bretagne, qui traverse la Loire et permet de relier le quai de la Fosse à l'île de Nantes depuis 1975, est actuellement en cours de transformation pour devenir un axe majeur de mobilité. Ce projet accompagne plusieurs aménagement de la métropole nantaise, à savoir le nouveau CHU, le développement continue des quartiers de l'île de Nantes et l'arrivée de nouvelles lignes de tramway.

© Dietmar Feichtinger Architectes
Les acteurs du projet
- Maitrise d'ouvrage : Nantes Métropole*
- Architecte-concepteur : Dietmar Feichtinger Architectes
- Bureaux d’études : SCE, groupe Keran* – Schlaich Bergermann Partner
- Urbaniste : Paume
- Conception paysagère : Les Ateliers up+
- Conception lumière : Atelier Rolan Jeol
- Génie Civil : Dodin Campenon-Bernard
- Construction métallique : Cimolai
*Adhérents Novabuild
Un nouveau pont-place dans le paysage nantais
La mobilité au centre des enjeux d'apaisement
Le futur pont Anne-de-Bretagne est conçu pour favoriser les mobilités durables tout en maintenant la circulation automobile. Ainsi, la circulation des véhicules sera limitée à deux voies, soit une voie par sens de circulation, afin de privilégier les autres modes de déplacement.
Près de 75 % de la surface du pont sera dédiée aux déplacements doux, témoignant de la volonté de Nantes Métropole de rééquilibrer le partage de l'espace public. Les piétons bénéficieront de larges cheminements, avec une promenade de 14 mètres de large sur la face est du pont, complétée par un belvédère de 9,40 mètres de large offrant un espace de détente et des points de vue sur la Loire. L'accessibilité sera assurée grâce à des pentes comprises entre 2 % et 4 %, conformes aux exigences pour les personnes à mobilité réduite. Le confort des usagers sera renforcé par l'installation de 150 mètres linéaires de bancs répartis sur le pont.
Les aménagements cyclables occuperont également une place importante. Une piste cyclable bidirectionnelle de 4 mètres de large sera implantée le long des voies de tramway, sur la partie est de l'ouvrage. Elle sera complétée par une bande cyclable unidirectionnelle de 2,50 mètres de large, située le long de la voie automobile nord-sud, afin d'assurer la continuité des itinéraires cyclables et de sécuriser les déplacements à vélo.
Enfin, le pont accueillera les lignes de tramway 6 et 7, qui constitueront un axe structurant du réseau de transports en commun nantais. Leur intégration permettra de renforcer les liaisons entre le centre-ville, l'île de Nantes et les secteurs en plein développement, tout en encourageant le report modal vers des modes de transport plus durables.

© Dietmar Feichtinger Architectes
Les espaces verts
La végétalisation constitue un élément majeur du projet de réaménagement du pont Anne-de-Bretagne. Au minimum 1 770 m² d'espaces verts seront aménagés afin d'améliorer le cadre de vie des usagers, de renforcer la biodiversité et de contribuer au confort climatique de l'ouvrage.
Ces aménagements comprendront deux grands « coussins » végétalisés, ainsi qu'un jardin linéaire de 145 mètres de long, dont la largeur variera entre 5,30 mètres et 7 mètres. Ces espaces paysagers permettront de transformer le pont en un véritable lieu de promenade et de détente, tout en offrant des vues privilégiées sur la Loire.
Le développement de cette végétation sera rendu possible grâce à une épaisseur de substrat comprise entre 20 et 80 cm, adaptée aux différentes essences implantées. Au total, une cinquantaine d'espèces végétales ont été sélectionnées afin de favoriser la diversité paysagère, d'assurer une bonne résilience face aux conditions climatiques et de garantir un entretien durable des espaces verts.
Au-delà de leur intérêt esthétique, ces aménagements végétalisés participeront à l'amélioration du confort des usagers et en renforceront l'intégration paysagère du pont dans son environnement.


© Dietmar Feichtinger Architectes
Des réflexions sur l'impact environnemental du projet
L'une des principales mesures consiste à conserver environ 4 800 tonnes de béton provenant de l'ouvrage existant. Cette réutilisation permet de réduire les besoins en matériaux neufs ainsi que les émissions de gaz à effet de serre liées à la démolition et à la reconstruction.
La nouvelle extension du pont reposera sur une charpente métallique d'environ 2 000 tonnes. Afin de limiter l'empreinte carbone liée à son acheminement, cette structure a été transportée par voie maritime, ce qui a permis d'éviter près de 200 allers-retours de camions. Ce choix logistique représente une économie estimée à environ 6 000 tonnes équivalent CO₂ (t éqCO₂) par rapport à un transport routier.
Le projet bénéficie également d'une mutualisation des moyens de construction avec le chantier du nouveau CHU de Nantes. La fabrication des bétons est ainsi partagée entre les deux opérations, ce qui permet d'optimiser les ressources, de limiter les déplacements des centrales de production et de réduire les impacts environnementaux liés aux travaux.

Arrivée de la barge transportant la charpente métallique du pont © Gaël Arnaud
Un projet né de dialogues citoyens
Le projet de transformation du pont Anne-de-Bretagne s'inscrit dans une démarche de concertation engagée depuis plusieurs années par Nantes Métropole. Entre 2014 et 2015, le Grand débat « Nantes, la Loire et nous » a permis de construire une vision partagée de l'avenir du fleuve et de ses usages, faisant émerger l'ambition de transformer le pont Anne-de-Bretagne en un véritable espace urbain, adapté aux mobilités durables et aux nouveaux usages de la Loire. En 2016, un atelier citoyen de l'Île de Nantes a associé les habitants afin de recueillir leurs attentes sur l'architecture du projet, son intégration dans le paysage et les usages attendus.
Entre 2017 et 2019, les ateliers citoyens « Loire au cœur – place de la Petite-Hollande » ont élargi la réflexion à l'ensemble du secteur situé autour du pont, en travaillant notamment sur la qualité des espaces publics, la reconquête des berges, la végétalisation et les continuités piétonnes et cyclables. En 2020, l'évaluation « La rue pour tous » a permis de recueillir les retours des habitants sur le partage de l'espace public et a confirmé les attentes en faveur d'un aménagement plus accessible, plus confortable et davantage tourné vers les piétons, les cyclistes et les transports en commun. Enfin, entre 2020 et 2021, la concertation sur le « Développement des nouvelles lignes de tramway » a renforcé la place stratégique du pont Anne-de-Bretagne dans le futur réseau de mobilités métropolitaines, en intégrant les besoins des usagers dans la conception du projet.
En 2022, les élus de Nantes Métropole ont pris connaissance des conclusions issues des différentes démarches de concertation et des travaux de l'atelier citoyen avant de désigner le groupement de maîtrise d'œuvre chargé de réaliser le futur pont Anne-de-Bretagne. Cette restitution a marqué l'aboutissement de plusieurs années de participation citoyenne et le passage du projet à sa phase opérationnelle, en montrant que les contributions des habitants avaient nourri la décision finale.
L'ensemble des démarches participative a permis de faire évoluer progressivement le projet. Les citoyens ont notamment contribué à :
- Renforcer la place des mobilités actives ;
- Améliorer l'intégration paysagère de l'ouvrage ;
- Développer une conception plus écologique (végétalisation, adaptation au changement climatique, écoconception) ;
- Imaginer un pont offrant également des espaces de promenade, de contemplation et de rencontre.
Le futur pont Anne-de-Bretagne ne sera donc pas uniquement un ouvrage permettant de franchir la Loire. Il deviendra un véritable « pont-place », combinant fonctions de déplacement, espaces publics et nouveaux usages urbains.
