Mise en service de la première unité de méthanisation agricole en Mayenne

Publié le

19/05/2020

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La société Méthamaine, lancée par une dizaine d’agriculteur du secteur, a officiellement lancé la distribution de méthane produit dans leur usine installée dans la zone industrielle de Meslay-du-Maine. À l’occasion de cette mise en service, NOVABUILD et son adhérent GRDF ont souhaité faire le point sur le développement du gaz issu du biométhane en Pays de la Loire.

L’unité de méthanisation Méthamaine

L’unité de méthanisation Méthamaine située à Meslay-du-Maine a injecté les premiers mètres cubes de « gaz vert » en février dernier dans le réseau de gaz naturel exploité par GRDF, produit à partir du traitement d’effluents d’élevage de 11 exploitations agricoles.

Le projet Méthamaine, c’est l’aboutissement de sept ans de travail et de développement d’une solution innovante, portée par 11 exploitations agricoles et une SARL spécialisée dans la collecte de fumier de cheval, toutes localisées dans un rayon d’une dizaine de kilomètres. L’idée : porter ensemble un projet de méthanisation avec valorisation du biogaz en biométhane injecté directement dans le réseau de distribution de gaz naturel de Meslay-du-Maine, exploité par GRDF.

Frédéric Martin, directeur général adjoint de GRDF, Benoît Dutertre, président de la SAS Méthamaine, Jean-Marc Poulain, maire de Meslay-du-Maine (Mayenne) et Norbet Bouvet, président de Territoire d’Énergie Mayenne, ont tourné le levier pour lancer la distribution de gaz produit dans cette unité de méthanisation. (©Haut Anjou)

Une installation unique

Ce projet multi partenarial voit le jour et devient la première unité de méthanisation en injection de biométhane dans le département. Le gisement de matières organiques est estimé à 21 010 t/an dont 80 % du volume apporté par les actionnaires. La production annuelle vise 10 Gwh de biogaz et injectera 115 Nm3 de biométhane par heure, soit l’équivalent de 50 % de la consommation en gaz de la ville de Meslay-du-Maine en hiver et 100 % en été. S’élevant à 5,5 M€, le coût d’investissement de cette installation est porté par les actionnaires, la SAS Méthamaine qui regroupe les 12 apporteurs de biomasse avec 55 % des parts, ENGIE avec 35 % et Territoire d’énergie Mayenne avec 10 %.

À la fin du cycle, une fois que la matière organique a produit du biométhane, il reste le digestat. Il fera l’objet d’un épandage sur les exploitations qui ont fourni le fumier pour enrichir les sols. Rien ne se perd, ou presque. (©Haut Anjou)


Pays de la Loire : 200 000 logements chauffés au gaz vert

La production locale de gaz renouvelable se développe et prend de l’ampleur dans la région : à ce jour en Pays de la Loire, 11 sites injectent dans le réseau exploité par GRDF et autant sont en construction. Au total, 139 projets sur la région sont suivis par les équipes de GRDF, ce qui signifie qu’à moyen terme les Pays de la Loire seront en mesure de produire 2 TWh de gaz vert soit l’équivalent de 200 000 logements neufs chauffés au gaz naturel.

Ses usages sont multiples : chauffage, carburant…

Le biométhane est un gaz 100 % renouvelable produit à partir de déchets issus de l'industrie agro-alimentaire, de la restauration collective, de déchets agricoles et ménagers, ou encore de boues de stations d'épuration. Ce biogaz épuré a les mêmes propriétés que le gaz naturel, et donc les mêmes usages comme le souligne Jean-François Cerles, Délégué Marché d’Affaires pour GRDF Centre ouest « Tout comme le gaz naturel, le biométhane sert à chauffer, cuisiner mais également à se déplacer avec les véhicules BioGNV ». Et il précise : « Cette production de biogaz génère également un résidu appelé digestat. Utilisable comme fertilisant il est épandu sur les terres agricoles et se substitue ainsi aux engrais chimiques. »

Biométhane et transition énergétique : des perspectives prometteuses

Propre et vertueux, dynamique pour les territoires, le biométhane induit un nouveau regard sur notre énergie. Sa production fait partie de la stratégie de développement des énergies renouvelables en France.

Le biométhane participe au développement d'une économie circulaire territoriale où les déchets deviennent des ressources renouvelables. Ses bénéfices sont multiples pour les agriculteurs comme pour le territoire : valorisation des déchets, production d'une énergie renouvelable, réduction des émissions de gaz à effet de serre, création d'emplois locaux et non délocalisables, apport d’un revenu complémentaire aux exploitations agricoles …

Site méthanier de la Séguinière (@GRDF)

Focus : Comment ça marche la méthanisation ?

Les déchets sont triés, préparés et introduits dans un méthaniseur. Ils sont ensuite mélangés et chauffés. Dans ce milieu privé d’oxygène, une partie de la matière organique présente dans ces déchets se dégrade en formant du biogaz. Ce dernier, une fois épuré peut alors être injecté dans le réseau de distribution. Une fois épuré, le biogaz prend le nom de biométhane puis après avoir été odorisé et contrôlé par GRDF, le biométhane est injecté dans le réseau gaz des collectivités. Chauffage, cuisson, production d'eau chaude, carburant, ses usages sont strictement identiques à ceux du gaz naturel mais 100 % renouvelables.

Questions à Jean-François Cerles, Délégué Marché d’Affaires pour GRDF Centre ouest

Quel rôle joue le réseau de gaz dans la transition énergétique ?

GRDF entend accompagner et relever ce challenge aux côtés des collectivités mais également des constructeurs, des bailleurs et de tous les acteurs du bâtiment et de la rénovation en mobilisant le réseau de gaz, ses solutions techniques, ses experts, ses partenaires, sa recherche et ses innovations. La transition écologique du territoire ligérien passe par des solutions fiables, robustes et évolutives ; le gaz en est une, aussi performante que prometteuse.

GRDF réalise également des importants investissements dans la construction et l’adaptation des réseaux gaz de demain en milieu rural pour assurer le raccordement des futurs sites de méthanisation et qui sont très majoritairement du type agricole.

Est-il possible d’imaginer à terme un réseau alimenté uniquement par du gaz 100 % d’origine renouvelable ?

Il existe plusieurs filières de production de gaz renouvelables à des stades de maturité différents : la filière biométhane qui est techniquement mature et les filières gazéification, power-to-gas et méthanation qui sont aujourd’hui au stade de R&D. Le potentiel technique des différentes filières de production de gaz renouvelable en France est largement supérieur à la consommation de gaz en France et permettrait donc de couvrir 100 % des besoins.

Pourquoi le plan de relance peut-il favoriser le développement de la production de biométhane ?

Le plan de relance qui se dessine peut favoriser la production de biométhane a plusieurs titres. Une accélération de la production de gaz vert peut être encouragée afin de réduire notre dépendance énergétique, de relocaliser de l’activité de façon structurelle, comme d’accélérer la bascule de la France vers un mode de développement bas carbone. Ce secteur répond à tous les enjeux du moment : indépendance énergétique, soutien à l’agriculture durable, dynamisation des territoires ruraux dans toutes les régions et développement d’une filière industrielle française-européenne. Cette énergie est également plébiscitée et souhaitée par le monde agricole, par de nombreuses ONG environnementales, à commencer par le WWF France ou Negawatt et les organismes publics concernés comme l’ADEME ou l’Institut national de la recherche agronomique.

Sources :

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