Edito de Laurent Rossez

Éditorial de Laurent ROSSEZ | Digitalisation de l’économie : de HENNEBIQUE à N.B.I.C. !

Publié le

06/12/2017

Vous êtes ici

François Hennebique, audacieux ingénieur Français, véritable « apôtre du béton armé » à la fin du 19ème siècle est l’auteur à travers le monde d’innombrables bâtiments et Ouvrages d’art, issus de ses inventions & brevets.

Quant à lui, le sigle N.B.I.C. traduit la convergence des technologies émergentes telles que les Nanotechnologies, Biotechnologies, technologies de l’Information & sciences Cognitives ?

Je fais le lien entre Hennebique et N.B.I.C. parce que la « révolution N.B.I.C. » à l’œuvre dans notre filière peut être comparée sur certains aspects à celle qui permit dans un autre siècle à la nouvelle offre « Hennebique » de prévaloir sur toutes les autres.  Les facteurs déterminants qui lui ont permis de s’imposer à l’époque étaient la rhéologie du béton (approche scientifique), l’incorporation brevetée de barres d’acier (approche méthodique), une communication maîtrisée et un réseau mondialisé de distributeurs (approche commerciale). On voit à quel point les sujets changent et les démarches restent les mêmes.

Pour autant aujourd’hui, via les nouvelles technologies émergentes qui exploitent la digitalisation de l’économie, ce sont des transformations bien plus profondes et bien plus vastes qui se mettent en place. Il ne s’agit plus uniquement,  comme du temps des pionniers français du béton armé, de l’arrivée de nouveaux procédés constructifs proposés par des acteurs émergents au sein de notre propre filière.

La révolution digitale va bien au-delà, elle comporte en elle le risque d’« uberisation » de nos professions par de nouveaux entrants issus du numérique voire des « GAFA » (Google, Apple, Facebook, Amazon).

Le digital rend capables ces acteurs d’agréger demain des solutions et des services de façon tellement pertinente du point de vue des usages, et tellement avantageuse sur le plan financier, qu’ils pourraient transformer progressivement les acteurs de la construction et de l’immobilier, concepteurs & constructeurs actuels, en simples sous-traitants des offres qu’ils proposeraient et vendraient eux-mêmes aux marchés.

Le risque d’ubérisation  doit être vu comme un enjeu et non comme une menace

L’« ubérisation » part toujours d'un certain nombre de points d'inefficience dont peuvent profiter de nouveaux acteurs pour s’engouffrer.

Ce risque réel doit nous amener, acteurs actuels du BTP, à nous poser les bonnes questions dans notre stratégie et dans nos investissements et notamment savoir comment nous pourrions être mis en péril par de nouveaux entrants.

En passant nos business modèles actuels « au scanner des transitions » sociétales, environnementales et digitales, nous pouvons identifier les points d'amélioration à traiter avant que d’autres ne le fassent à notre place.

Pour ce faire, il est essentiel de mettre en place une veille et un travail transverse en réseau via NOVABUILD, et de rechercher les synergies et partenariats d’avenir comme, par exemple, avec des startups du numérique.

Car le secteur du BTP et de l’immobilier n’est pas un système fermé ou protégé par quelque monopole que ce soit.

Nous voyons déjà arriver des offres disruptives. Je pense par exemple à l’architecture paramétrique ou générative, aux plateformes comparatives pour les marchés d’études ou de travaux, aux diagnostics automatiques via le big-data ou encore à l’amélioration continue des offres en fonction de la blockchain.

J’invite à ce propos les personnes intéressées sur ces questions à visionner la conférence donnée le 18 Octobre dernier  lors de  DIGITAL CHANGE à Nantes: https://youtu.be/jUOcMTu7Ags .

Acteurs des changements et non faire-valoir de tiers opérateurs

Des basculements de modèles économiques établis ont déjà eu lieu ou sont en cours dans d’autres secteurs comme le tourisme, les médias, la banque ou encore la santé. Il faut le noter, ce sont des secteurs bien plus numérisés que le nôtre.

Le digital investit notre filière. On intègre aujourd’hui des puces connectées dans les bétons, des logiciels permettent d’optimiser un capacitaire sur n’importe quel foncier, des constructions additives robotisées sont testées un peu partout, la maquette numérique interopérante et multidimensionnelle commence à délivrer des services inégalés.

La montée en puissance des objets connectés va révolutionner les pratiques et les attentes car leur nombre va quadrupler d’ici 5 ans alors que 90% des données numériques qu’ils délivrent ne sont encore exploitées par personne. Mais cela ne saurait tarder.

En laissant faire, ce sont des tiers opérateurs qui le feront à notre place. On peut aussi se donner l’ambition d’acquérir les nouvelles compétences et les solutions numériques qui vont permettre de créer de la valeur par nous-mêmes afin de rester au centre du jeu.

Comment se préparer à cela? Comment être acteur de ce changement ? Il me semble que le jeu ne peut-être que collectif, « à la Nantaise » si j’ose dire. Nous pouvons nous appuyer entre autres sur NOVABUILD qui a mis le digital au centre de ses préoccupations, pour nous informer, progresser, se connecter ensemble et co-créer les offres de demain qui viendront disrupter les disrupteurs.

Restons attentifs et solidaires

Enfin j’en profite pour passer un message, nous avons besoin de toute la filière pour progresser sur le digital, y compris de nos fournisseurs de solutions numériques.

Il ne faudrait pas, au moment où la maquette numérique est en passe de devenir l’outil incontournable pour créer des projets à forte valeur ajoutée, que les fournisseurs, quels qu’ils soient, puissent imposer des conditions, notamment tarifaires, incompatibles avec l’indispensable massification de ces solutions. 

NOVABUILD restera vigilant sur ce point qui conditionne la capacité de chacun à se transformer. N’hésitez pas, en commentaires de ce texte, à nous faire parvenir vos remarques sur cet aspect des choses.

Permettez-moi pour finir de vous souhaiter à tous et à toutes et à l’avance d’excellentes fêtes de fin d’année auprès de vos proches et amis.

Laurent Rossez, Président de Novabuild.

Décembre 2017

Laisser un commentaire

 

Newsletter

Tenez-vous au courant de nos dernières actualités !

S'abonner ici