Editorial de Laurent Rossez | 2019 : l'année du passage à l'action !

Publié le

09/01/2019

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2019 : L’ANNEE DU PASSAGE A L’ACTION !

« MALGRE LES AUGURES MENTEURS ET QU’IL VENTE ET QU’IL PLEUVE », NOVABUILD FAIT AVANCER LES ACTEURS DE LA VILLE POSITIVE …

C’est avec cette note poétique, en détournant une phrase de « La Trebbia » (J.M. de Heredia), que je souhaite débuter mon propos en souhaitant à chacun d’entre vous mes meilleurs vœux pour l’année 2019.

Car il nous faut cette dose de poésie et de rêve face à une actualité qui ne se présente pas toujours sous les meilleurs auspices. Il nous faut à tous des raisons d’y croire et qui donnent toujours « l’envie de se lever le matin » avec autant d’énergie. Notamment parce que nous avançons collectivement à trouver des solutions qui font sens et donnent les raisons d’espérer des améliorations futures.

Pour autant, sans faire dans la sinistrose, si on ne s’en tenait qu’au mécontentement général qui s’est manifesté ces dernières semaines, nous devrions avoir le moral en berne. Car nous vivons des « crises plurielles », qui relèvent plutôt d’un changement de monde en gestation. Le bateau tangue en effet sérieusement que ce soit sur les plans :

  • Climatique, avec 2018, année enregistrée comme la plus chaude de tous les temps en France ;
  • De l’épuisement des ressources avec dans l’Hexagone, un jour de « passage à crédit » vis-à-vis de la nature toujours plus tôt, dès le 5 Mai désormais ;
  • Politique provoquant la défiance de la population au regard de l’inaction face à l’urgence et illustrée non seulement par les gilets jaunes mais aussi par la pétition "Affaire du siècle" qui assigne l’Etat et bat des records avec 2 Millions de signataires ;
  • Social avec ce sentiment pour bon nombre d’adultes de ne plus savoir comment faire pour vivre « entre la fin du monde et la fin du mois » ; tout comme une jeunesse dans le doute qui via leur « Manifeste pour un réveil écologique » annonce clairement et avec lucidité aux dirigeants d’entreprises : « nous n’irons pas travailler dans vos sociétés qui contribuent aux dérèglements environnementaux si vous ne changez pas de cap en profondeur ! ».

Bref, c’est pour cela qu’il faut initier impérativement cette économie positive avec des projets d’entreprises solvables servant d’exemples et d’incubateurs de nouvelles manières de fonctionner permettant d’atténuer l’effondrement visible et progressif du socle du vivant.

Finalement, le mouvement des gilets jaunes nous renvoie aussi à nos propres questionnements sur l’aménagement du territoire, sur notre étalement urbain qui produit toujours plus de déplacements domicile-travail en voiture individuelle, mais aussi sur le « mal logement » dans les villes qui parfois oublient leur fonction première qui étaient d’accueillir dans un cadre accessible financièrement, sécuritaire et confortable.

GERER LA COMPLEXITE POUR INVENTER LA VILLE DE DEMAIN

Je suis persuadé qu’une partie des maux profonds de notre société provient des difficultés des villes à se réinventer, à offrir aux gens des conditions de vie attractives, saines et surtout accessibles. Car on arrive au bout d’un système, avec des villes qui ont été pensées il y a plus d’une centaine d’années et qui peinent dans leur configuration actuelle à accueillir leurs nouveaux habitants, avec par exemple des centres villes qui se vident de leur commerces, faute de gens à proximité pour les faire vivre à cause du dépeuplement urbain.

Pour autant, en ce qui concerne le « bien vivre la ville », nous ne sommes pas les moins bien lotis en Pays de la Loire, avec des projets ambitieux inscrits dans le marbre des PLU : à Nantes, par exemple, avec des orientations en termes d’urbanisme affirmées visant la protection des espaces naturels ou forestiers, et la préservation des continuités écologiques ou, à Angers, avec une vaste opération de reboisement de la ville via 100 000 arbres annoncée par le Maire lors de ses vœux.

Et c’est donc à ce titre que nous devons contribuer et amplifier ces dynamiques visant la qualité de vie en ville, et non nous y opposer en invoquant des surcoûts, car nous pouvons et devons servir d’aiguillon et d’exemples pour inspirer chaque métropole avec des solutions collectivement adoptées.

Il faut offrir des solutions incrémentales ouvertes avec de nouvelles cohabitations de différentes populations et activités. Et regardons d’abord ce qui est disponible, inoccupé et susceptible d’être intelligemment repensé car il y a un parc colossal à réexploiter plutôt que d’y faire de la spéculation financière.

La ville plus sobre, moins figée doit autoriser de multiples possibles via des programmations ouvertes et partagées et des lieux de destinations plurielles capables de prévenir, soigner et guérir les maux de la société. Car la question est : « Comment s’y sent-on vivre, comment s’y sent-on Habitant à part entière » ?

ALORS, OUI : « INDIGNONS-NOUS ! » ET PASSONS DU GILET JAUNE AU BLEU DE CHAUFFE

Nous sommes d’accord, face aux injustices sociales, à commencer par celle qui nous concerne à savoir « la ville qui exclue, qui repousse et où l’on vit mal », la pire des attitudes serait l'indifférence.

Nous le voyons ces derniers temps avec le mouvement des gilets jaunes, et en cela Stéphane Hessel dans sa célèbre formule de 2010 « Indignez-Vous ! » avait raison, ce n’est pas la prise de conscience environnementale, le désir de servir une cause ou encore la soif de justice qui déclenchent le passage à l’action, mais bien l’indignation qui est la clé de l’engagement.

Au premier leitmotiv « Indignez-Vous », S. Hessel en ajoutait d’ailleurs un deuxième, à savoir : « Engagez-Vous ! ».

Il en reste un troisième dont il ne faisait pas état et que je vous propose : « Agissez ! ».  Car ce qui compte aujourd’hui, c’est le « Just do it » sans rien attendre de qui que ce soit. C’est à chacun en fonction de ses possibilités, de ses capacités, de son rayon d’action, de prendre ses responsabilités et d’agir en proposant des alternatives où "l'intérêt général" prime sur "l'intérêt particulier".

La ville à bâtir ou à reconstruire sur elle-même se doit d’être attractive, résiliente, durable, en capacité à s’adapter aux changements climatiques amorcés et socialement responsable.

On oublie trop souvent que la construction représente encore 1/3 des émissions des gaz à effets de serre (GES) si on additionne bien les phases d’édification (matériaux, transports liés, réseaux d’acheminement énergétique et chantiers en soi) et d’usages (consommations en service), mais aussi est l'un des principaux postes de consommation énergétique, producteur de la majorité des déchets, et une des principales causes de l’épuisement des ressources.

Nous avons donc une responsabilité particulière qui doit nous amener à prendre les devants, à être les premiers à nous indigner, à nous engager, mais surtout à agir!

LE « TO BE OR NOT TO BE » DE LA VILLE INCLUSIVE ET POSITIVE

Je crois à la force du changement que pourrait provoquer un engagement des dirigeants et chefs d’entreprises à modifier la raison sociale de leur société en y introduisant une clause sociale et environnementale qui dépasserait le Code Civil Art.1832 qui n’impose rien en la matière.

Je vous propose donc d'embrayer dans le sillage des propositions "Notat-Sénard" de la future Loi Pacte (Art.61) votée en octobre dernier à l’Assemblée Nationale, et instruite actuellement au Sénat, en incitant un maximum d'entreprises de la construction et de l'immobilier, à s'engager pour une inscription volontaire dans leurs statuts la "Raison d'Être" de leur société.

Il ne s'agirait plus uniquement, comme l’indique actuellement l'Art. 1832 du Code Civil de décrire « les biens et les ressources affectées pour partager des bénéfices ou profiter de l'économie qui en résulte » mais bien d'un changement profond consistant à donner un objet d'intérêt collectif à l'entreprise sur les plans social et environnemental.

À ce titre, je propose dès maintenant, à tous ceux qui ont la possibilité d'inciter leur entreprise à le faire, de travailler dans les mois qui viennent à l'écriture des quelques phrases décrivant la "Raison d'Être" de leur propre société.

Je souhaite que nous puissions faire état d'un maximum d'entreprises de notre secteur nouvellement engagées dans cette voie lors du Congrès CitiesToBe à Angers les 12 & 13 Septembre 2019, avec une introduction massive et effective dans nos propres statuts de nos "Raisons d'Être" respectives lors de l'événement.

Je crois bien entendu à l’engagement individuel de chacun pour essayer d’enrayer un risque d’effondrement de nos sociétés économiques actuelles, mais l’ensemble des initiatives constituent un mouvement « brownien » qui au bilan n’a pas un impact considérable dans l’amélioration des dérives environnementales aux conséquences sociales néfastes.

On voit aussi que le monde politique est coincé dans le paradoxe de Lois qui devraient s’imposer, comme la taxation du carbone, mais qui ne sont plus acceptées faute de légitimité suffisante pour les faire adopter et du fait qu’elles imposent des changements brutaux auxquels les gens ne sont pas prêts.

Croyez-moi, le bras de levier des entreprises est extrêmement puissant puisque par nature c’est en leur sein que sont constitués et produits les biens de consommation source d’impacts lors de la fabrication en termes d’énergie grise ou de prélèvements et lors de la phase de services aussi. Les m² d’immeubles, de programmes et d’aménagements urbains que notre secteur marchand produit, n’échappent pas à cette règle, en y étant même l’un des plus gros contributeurs, si ce n’est le plus gros !

Au bilan, le changement viendra de nous, les acteurs économiques, ou il n’aura pas lieu !

Un engagement de plusieurs centaines d’Entreprise d’introduire leur ‘Raison d’Être’ dans leurs statuts lors de CitiesToBe, serait un signe considérable envoyé à nos concitoyens pour témoigner de notre engagement concret et statutaire à faire évoluer le modèle économique vers des solutions plus sobres et respectueuses de la planète, et, in fine, bénéfiques aux gens.

Je crois en la force de notre collectif NOVABUILD pour faire basculer les choses dans le bon sens par cette proposition inédite et je reviendrai vers vous dans les prochaines semaines pour vous proposer un mode opératoire pour ceux qui comme nous y croient encore !

Je vous laisse en proposant aux premiers intéressés de commenter mon édito. A très bientôt donc.

Laurent Rossez,

Président de NOVABUILD

 

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