Éditorial de Laurent ROSSEZ | Accélérer le développement de la construction durable

Publié le

06/04/2017

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Comment passer de la contrainte légale à l'incitation positive ?

Grâce à de nombreuses études ou retours d’expériences, la quête de la construction durable, qu’elle soit certifiée ou non d’ailleurs, ne peut et ne doit plus être vécue par les maîtres d’ouvrage comme un cahier des charges imposé ou bien des dépenses contraignantes.

En effet les données sont éloquentes : le choix de la construction durable dans toutes ses dimensions est un véritable investissement pour plus de valeur ajoutée à l’ouvrage, plus de retours bénéfiques, plus de performances sociales et économiques.

Pour autant, dans un contexte concurrentiel accru, où le poids du foncier pèse fortement sur les coûts de sortie de la construction, certains investisseurs ou donneurs d’ordre pourraient faire le choix de baisser la garde en termes d’exigences environnementales et de qualités d’usages pour leurs projets.

Faire des coupes franches sur les études préalables et les choix définitifs  d’investissements en matière de construction durable serait alors effectivement un mauvais calcul…

Sensibiliser et convaincre par l’exemple

Aujourd’hui de nombreux projets démontrent, secteurs par secteurs, les avantages induits par l'éco-construction pour les investisseurs, propriétaires et usagers des principaux types de bâtiments : logements, tertiaire, santé, commerces, enseignement, ...  

Le choix de la performance environnementale est "payant" car il permet d’augmenter la valeur vénale d'ouvrage, l’attractivité du bien et la valeur d'usage. Il autorise aussi des économies d'échelle, de fonctionnement ou de maintenance  et parfois même des retours collatéraux inespérés.

L’action de NOVABUILD consistant à sensibiliser les maîtres d’ouvrage et démontrer les bienfaits de la construction durable est un enjeu fondamental pour la dynamique, l’attractivité et la capacité à innover recherchées dans notre filière.

Car sans programmations ambitieuses et exigeantes en la matière, rien de performant ne sera possible sur le long terme.

Il s’agit alors d’aider les maîtres d’ouvrage publics ou privés à comprendre les gains induits via des exemples et des actions de proximité. C’est une sorte d’incitation positive pour que « l'engagement volontaire » surpasse les rejets suscités par les réglementations ou les lois vécues comme une somme de contraintes.

Des effets palpables dans le scolaire…

Sur de nombreux projets suivis par chacun de nous, nous avons pu constater les effets bénéfiques de la construction durable.

Dans les établissements d’enseignement nous savons à quel point les ambiances créées avec une grande exigence programmatique pouvaient influencer positivement la qualité de l’enseignement, de concentration des élèves et de bien-être au travail du corps enseignant ; et inversement quand cela n’était pas le cas. Les écoles non durables avec des nuisances sonores manifestes provoquent, par exemple, statistiquement plus de risques d’échecs dans les exercices d’addition (56% d’erreurs en plus constatées) !

Dans certains cas, toutes les démarches autour de l’obtention de la certification peuvent même devenir un outil pédagogique. On constate aussi une baisse des dégradations, plus de respect pour l’établissement construit dans une démarche éco-responsable.

aux résultats quantifiables dans le logement…

Pour les logements, les enquêtes d’opinion démontrent que 95% des occupants d’un habitat bénéficiant d’une certification environnementale ou d’un label reconnus se disent satisfaits de leur logement (confort thermique, acoustique, accès à la lumière naturelle,…). Lorsque l’on sait que pour la plupart des promoteurs, il ne s’agit désormais plus de vendre une qualité perçue à l’achat mais bien une performance mesurable à l’usage, cela doit nécessairement influencer les choix initiaux de programmation.

On note aussi l’apparition de profils types d’occupants dans les bâtiments certifiés, qui vont de : « l’engagé » qui participe activement à la gestion du bâtiment et reprend à son compte l’objectif énergétique, à : « l’accommodé » qui adopte une posture adaptative car il y trouve avantages notamment pour réduire ses charges liées à l’énergie. Ces postures à visées économiques sont aussi des gages supplémentaires permettant notamment de réduire le taux d’impayés de loyers.

Enfin en cas de mise sur le marché, pour les biens immobiliers présentant une classe de performance énergétique élevée : l’assurance de pouvoir vendre plus rapidement dans la tranche de prix souhaitée est avérée. Inversement les « passoires thermiques » subissent désormais une véritable décote car les potentiels acheteurs en ont perçu toute la portée pour exiger un rabais.

jusqu’aux bénéfices immédiats dans le tertiaire…

Il est acté désormais que la qualité des espaces de son lieu de travail influence directement la manière dont nous travaillons et donc la performance des entreprises.

De nombreuses études démontrent par exemple que : 10% des absences des employés peuvent être attribuées à une architecture sans aucune connexion avec la nature (H. Serret, docteur en écologie), l’inconfort thermique a des conséquences immédiates  sur la productivité et l’efficacité professionnelle (à 33°C, la productivité chute de 85%), dans un bâtiment avec une bonne qualité de l’air les arrêts de travail sont moins nombreux l’hiver, une luminosité plus ergonomique et naturelle réduirait de 27% les maux de tête, …

Aujourd’hui, 55% des gens affirment qu’un bureau « vert » joue dans leur bien-être au travail.

De même, les économies de charges sont en moyenne de 11% inférieures dans les immeubles tertiaires certifiés, dont -19% pour les coûts de l’énergie et -16% pour les coûts des assurances (données Alliance HQE GBC France) ! La valeur locative s’en trouve alors améliorée de 3 à 6%.

et aussi la santé.

Même si il n’y a pas d’études corrélées disponibles, chacun se doute aussi que dans le milieu hospitalier, il puisse y avoir des liens possibles entre une architecture volontairement positive et vertueuse sur le plan environnemental et des effets bénéfiques sur la santé des patients ; en termes par exemple de qualité de la convalescence ou de capacité à mobiliser ses propres énergies pour contribuer à une lutter contre une maladie.

Les célèbres « Maggie’s Centers », écrins conçus au sein de l’hôpital comme des lieux de replis et avec un soin tout particulier pour connecter les patients à la nature, sont qualifiés aujourd’hui d’architectures placébo, car ils ont fait la preuve d’une certaine efficacité en matière d’aide apportée aux malades (source Fondation AIA).

Rendez-vous alors le 27 Avril à notre AG !

Nous sommes donc convaincus par ces nombreux résultats bénéfiques et probants comme ci-dessus et directement liés à la construction positive sous tous ses aspects : qualité de vie, management responsable, performance économique et respect de l’environnement.

Nous sommes aussi persuadés qu’il nous faut tisser des liens encore plus collaboratifs et constructifs avec nos donneurs d’ordres, inviter les maîtres d’ouvrage toujours plus nombreux à s’investir avec nous à NOVABUILD dans une cercle vertueux nécessairement gagnant-gagnant !

C’est pour cela que je vous convie tous à venir partager en AG aux Ecossolies de NANTES le 27 avril prochain un moment unique où, après le cap donné l’an dernier via « la construction positive », nous allons véritablement engager une nouvelle phase de l’action NOVABUILD auprès des maîtres d’ouvrages adhérents ou invités, qui contribuera, je l’espère, à générer les retombées bénéfiques attendues sur toute la chaîne de valeurs.

A très bientôt donc.

Laurent Rossez, Président de Novabuild

Avril 2017

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